"I have a dream !" - Je fais un rêve !

  • je rêve d’un pays, le nôtre, où les médecins débarrassés de la plus grande part de leurs tâches administratives auraient beaucoup plus de « temps médical » à consacrer à leurs patients ;
     
  • où les conditions décentes de rémunération de l’acte médical donneraient suffisamment de temps au médecin pour écouter, examiner, comprendre, longuement expliquer et finalement soigner sans la moindre pression ;
     
  • où jamais ne serait porté sur un certificat médical aucun élément superflu ni surtout aucun fait qui n’ait été personnellement constaté par le médecin rédacteur ;
     
  • où tout entier consacré à son magnifique métier, aucun médecin ne perdrait plus son temps, ni celui des conseillers conciliateurs et des membres de la Chambre Disciplinaire de Première Instance, à chercher des querelles à son confrère pour de futiles prétextes ou d’obscures raisons ;
     
  • où jamais un médecin ne se laisserait aller au moindre geste déplacé envers une patiente, déjà fragilisée par la maladie où simplement les circonstances de son examen ;
     
  • où lors d’une conciliation un médecin qui aurait pu, avec beaucoup d’excuses dues en particulier à sa charge de travail, manquer d’attention voire commettre une erreur, sache descendre de son piédestal (sur lequel il s’est auto-élevé) et manifester écoute et empathie envers un patient qui s’estime, à tort ou à raison, victime d’un manque de considération ;
     
  • où devant les plus jeunes, découvrant un monde que la faculté ne leur a pas décrit, nous sachions leur montrer le bon côté des choses plutôt que de nous plaindre de tout ce qui nous contrarie ;
     
  • où chaque médecin inscrit au Conseil de l’Ordre admettrait que celui-ci a besoin de membres pour fonctionner et que lui consacrer quelques années, au moins pour un mandat, est une expérience enrichissante sinon un simple retour pour les services rendus ;
     
  • mais aussi ou des patients encore mieux soignés par des médecins toujours aussi bien formés mais plus disponibles ne saisiraient plus le moindre prétexte pour formuler une doléance voire une plainte ;
     
  • un monde enfin, où fiers et heureux d’exercer un des plus beaux métiers du monde, atteint après de longues années d’étude voire le sacrifice d’un peu de jeunesse, nous pourrions vivre pleinement notre passion sans pour autant sacrifier notre santé ni notre famille.
     

Je fais un rêve ; s’il vous plaît, aidez-moi à le réaliser comme le conseille Antoine de Saint-Exupery qui écrit :

« fais de ta vie un rêve et de ton rêve une réalité ».