Editorial 2012

Chers Confrères, Chers Amis,   

Voilà longtemps déjà que je suis sollicité pour écrire ces quelques lignes destinées à vous accueillir sur la page de garde de notre site ; je vais mettre sur le compte de la réflexion nécessaire ce long délai entre commande et livraison…

Etre membre d’un Conseil de l’Ordre des Médecins est un métier et plus encore en être le président et je mesure que les dix-huit mois déjà passés à ce combien difficile exercice vont me permettre d’être plus sincère.

Aujourd’hui l’Ordre des Médecins est souvent placé entre le marteau et l’enclume et tiraillé entre deux exigences parfois contradictoires : qu’il s’agisse de la Permanence Des Soins où il est évident que les Médecins ne peuvent plus parcourir à toute heure et par tous les temps nos routes montagneuses parfois enneigées dans des secteurs devenus bien trop grands alors que nos patients s’étaient trop bien habitués à voir leur Médecin de famille leur rendre visite à domicile, spécificité française pourtant déjà décrite dans le serment d’Hippocrate « dans quelque maison que j’entre »… La gestion des sites multiples d’exercice et des dispenses de Permanence Des Soins est aussi un exercice périlleux de l’art d’aménager les conditions de travail de tous tout en ménageant les intérêts de chacun…

Concernant la disponibilité des Médecins exerçant en milieu rural dont le nombre se raréfie en même temps que leur âge augmente…

A propos de l’accueil de praticiens étrangers, souvent diplômés dans d’autres pays de l’Union Européenne, dont nous reconnaissons que nous en avons besoin sans que cela nous autorise à niveler par le bas les compétences ainsi que la maîtrise de la langue française…

Dans la gestion des doléances et des plaintes d’un patient ou de sa famille à l’encontre  d’un Médecin, voire d’un praticien envers un confrère jugé peu confraternel : ces dossiers occupent une grande partie de nos réunions plénières et nous sommes attentifs à garantir le respect du Code de Déontologie tout en défendant nos confrères lorsque les reproches qui leur sont fait ne nous semblent pas justifiés, avec tous les risques de mauvaise interprétation qui en découlent…

A ce titre je dois rendre hommage aux « conciliateurs » qui parviennent souvent à désamorcer une procédure lorsqu’elle est née d’un manque de dialogue ou d’attention…

Les qualifications de spécialité temporairement simplifiées par la disparition des compétences, disparition que l’Ordre déplore par ailleurs, ont été relancées par la reconnaissance de la spécialité de Médecine Générale ; là encore le Conseil doit faciliter cet accès au plus grand nombre… tout en sachant le refuser quand il est évident qu’une expérience insuffisante ou des conditions particulières d’exercice ne permettent pas d’affirmer la spécialisation.

Difficultés encore dans certaines relations entre les patients, les praticiens et l’Assurance Maladie où le respect de la règle ne nous semble pas devoir décourager les bonnes volontés des soignants…

Et j’en oublie certainement dans ce petit mot volontairement court afin qu’il soit lu.

C’est un métier disais-je, qui convient aussi bien à un actif même s’il manque parfois de temps qu’à un retraité certes plus disponible mais aussi plus éloigné des réalités du terrain. Métier qui va peut-être beaucoup changer avec la mise en œuvre progressive de la loi « portant réforme de l’Hôpital et relative aux Patients, à la Santé et aux Territoires »…

Soyez certains en tout cas que votre président et l’ensemble de votre conseil seront toujours à l’écoute de vos aspirations, de vos doutes et de vos difficultés.

Dr Michel CAYOT
Président